Au Mesnil-Villeman, tranquille village
d’environ 240 âmes, se cachent des habitants qui possèdent un don…
Tous sont différents et uniques… Laissez-nous vous les présentez, vous serez surpris !



 

A la retraite depuis peu, je la replonge dans ses souvenirs et lui demande, quels sont les plus beaux endroits où elle a pu chanter. C’est sans hésiter qu’elle me répond : « La Scala à Milan et le Bolshoï à Moscou ! ». Puis, elle ajoute « Mais, pour son atmosphère, je dirai Opéra Royal de Madrid… Oh, j’ai été impressionnée par l’opéra royal de Mascate, tout en marbre ! ». Je lui demande pour ce qui est de la France : « L’opéra Bastille a une belle acoustique. Comme la salle Pleyel d'ailleurs. Mon seul regret : je n’ai pas chanté au Palais Garnier ! Pour moi, c’est le plus bel opéra ! ».

 

Mais, maintenant, elle partage son temps entre Munich, ville où elle vit toujours avec son mari et où elle assure la garde de ses trois petits-enfants et, le Mesnil-Villeman, sa terre d’adoption, celle où elle s’est toujours sentie bien accueillie, reconnaissante de la gentillesse de ses habitants. Ses promenades privilégiées ? La Lucerne d’Outremer, Hambye, les plages de Jullouville, la Baleine et beaucoup d’autres petits coins ! Je lui parle alors des richesses méconnues de notre commune, elles seront sans aucun doute les sujets de ses prochaines promenades !

Pour découvrir son talent : https://www.youtube.com/watch?v=h9JDZWh7vig



 


Ses explications sont passionnées et Stéphane a une
excellente maîtrise des cloches et de leur divine musicalité. Les paroles s’envolent et il nous abreuve de ses connaissances. Nous nous rendons compte alors de notre profonde ignorance au sujet de celles-ci. Nous apprenons même qu’elles ont été des moyens de communication plutôt efficace par le passé. Quand nous ne disposions pas encore du téléphone, rien de plus simple que de les utiliser pour communiquer sur les baptêmes, permettant même la précision du sexe de l’enfant ou, plus tristement, des décès. Et, si vous ne le saviez pas, on indiquait cela ainsi : 7 coups avec la grosse cloche pour signaler s’il s’agissait de la naissance d’un garçon ou du décès d’un homme et, 5 coups pour les filles sur la petite cloche, puis la sonnerie d’une grande volée de cloches ou un glas. Tout dépendait alors de la cloche choisie : aigüe ou grave.         

 

Mais, revenons à la naissance de ce métier de campaniste et fondeur de cloches devenue depuis passion…

C’est à Villedieu-les-Poêles qu’est né son amour pour l’art campanaire. A quatre ans, installé avec sa mère en face de la fonderie de cloches, il observe le va-et-vient des ouvriers, son parrain Albert LIGOT contremaître et mademoiselle Cornille responsable de la fonderie de cloche dont il se rappelle avec précision jusqu’à l’habillement !

En 1996, après deux semaines décevantes au sein de l’armée, il revient à Villedieu-les-P. Et par chance, les propriétaires de la fonderie, Monsieur et Madame BERGAMO, que Stéphane connait parfaitement bien depuis qu’il est enfant, sont à la recherche d’un technicien. Ils proposent à Stéphane ce poste, connaissant les études et le tempérament de ce dernier : ils l’embauchent, au début, pour un essai de six mois mais cette belle aventure durera vingt ans. En 1998, Luigi BERGAMO est nommé « Maitre d’Art dans la transmission du savoir-faire » par la ministre de la Culture de l’époque, Madame Catherine Trautmann. Cette récompense permettra à Stéphane de devenir « Elève Maître d’Art » en 1998.

En 2000, la fonderie se hissera au sommet et deviendra même un des leaders mondiaux des fondeurs de cloches. Son sacre est d’avoir réalisé en 2013, avec ses compagnons (car on ne fait pas des cloches tout seul), l’ensemble campanaire de la cathédrale Notre Dame à PARIS.

Mais on ne devient pas élève Maître d’Art sans bagage scolaire. Et quand je l’interroge sur quel type de diplôme il faut pour exercer ce métier, il me dit posséder un BTS en Mécanique et Automatismes Industriels. Ce n’est pas tout, il faut être curieux de tout et ne pas hésiter, pour progresser, à suivre les formations. C’est ce qu’a fait Stéphane.

Il peut se targuer d’avoir ajouté à son cursus scolaire, des formations valorisantes dans le cadre du dispositif des Maîtres d’ART comme : cinq ans de formations pour être mouleur de cloches, fondeur de cloches et d’art, accordeur de cloches, de conception mécaniques DAO, de conception de beffroi, de soudure, de forge… et tant d’autres. Tout ce qui touche de près ou de loin au monde de « La cloche »…

 

Pour les amateurs de cet art incroyable, voici les projets sur lesquels Stéphane a pu travailler : le carillon de Saint-Jean-de-Bray en 2000, celui de la cathédrale de Bayonne en 2003, de Sainte-Jeanne de Chantal à Paris en 2004, pour ne citer que celles-ci, et celui d’églises à l’étranger comme à Malte en 2011 ou au Liban et enfin, Notre-Dame de Paris en 2013…

 

 

Nous avons la chance au Mesnil-Villeman d’avoir un habitant possédant un tel savoir et qu'il garde un œil bienveillant sur les 3 cloches de notre église… Nous voilà donc rassurés !